Dossier formation : Et les meilleures business schools en 2014 sont…

Dossier formation : Et les meilleures business schools en 2014 sont…

Engagées dans une course à la reconnaissance, les écoles de commerce s’internationalisent et se diversifient. « Jeune Afrique » a passé au crible les établissements d’Afrique francophone, analysé leurs stratégies respectives… et distribué les bons points.

Croissance économique du continent, besoins en cadres locaux, indigence de l’enseignement supérieur public : depuis une vingtaine d’années, tout concourt à la multiplication des business schools africaines.

Engouement

À la clé, une offre hétéroclite, dominée par les écoles privées aux frais de scolarité importants : la plupart des masters que nous avons passés à la loupe coûtent entre 8 000 et 20 000 euros pour cinq ans d’études.

Pas de quoi freiner l’engouement pour ces filières : chez les toutes jeunes BGFI Business School (BBS), à Libreville (trop récente pour être classée), et Dauphine-Tunis, les effectifs ont triplé en trois ans.

Autre signe de bonne santé, ces écoles essaiment dans leurs pays respectifs. L’Institut supérieur de management (ISM) de Dakar a ainsi exporté son modèle sur neuf campus régionaux, doublant ses capacités.

Quant à l’école marocaine des Hautes Études commerciales et informatiques (Heci), outre son campus à Casablanca, elle compte des filières à Rabat, Kenitra, Fès, Meknès, Tanger, Marrakech, Agadir et Oujda.

Cette demande croissante n’a pas échappé aux écoles européennes. Après Bordeaux École de management (BEM), rebaptisée Kedge depuis sa fusion avec Euromed en 2013, l’université Paris-Dauphine avait choisi Tunis pour ouvrir son premier campus à l’international, à la rentrée 2009. C’est aujourd’hui au tour de l’Essec d’envisager de s’implanter en Afrique, à Maurice, où la célèbre école de commerce française propose déjà une offre de formation continue. De quoi aiguillonner davantage la concurrence africaine.

Parcours « grande école »

Pour la sixième édition de son classement, Jeune Afrique a mené l’enquête en se focalisant sur les parcours « grande école » proposés par les différents établissements, chacun offrant des spécialisations qui lui sont propres – de la finance d’entreprise au contrôle de gestion en passant par le marketing.

Le palmarès à la loupe

Ce classement a été élaboré à partir des réponses apportées à un questionnaire de 42 questions envoyé à quarante écoles de commerce d’Afrique francophone.

Notoriété, ouverture à l’international, recherche, pédagogie, liens avec les entreprises, attractivité : ces six axes ont été retenus, afin de rendre compte des points forts et des marges de progression de ces établissements.

Du profil de l’équipe enseignante à la place accordée à l’anglais, en passant par la durée des stages, les accréditations des écoles partenaires et le nombre d’études de cas réalisées en interne : autant de critères objectifs qui nous ont permis de distinguer douze écoles exemplaires.

Et ceci sans prétendre à l’exhaustivité – d’autant que certaines écoles telles que l’université privée Al Akhawayn et l’Institut des hautes études en management (HEM), au Maroc, ou encore le Centre africain d’études supérieures en gestion (Cesag), au Sénégal, n’ont pas souhaité participer à notre enquête.

Concernant les « filiales » d’écoles françaises, certains critères tels que les accréditations et le réseau d’entreprises partenaires ont été pondérés afin de garantir une compétition équitable.

La plupart proposent par ailleurs des bachelors, MBA et autres PhD, ainsi qu’une offre de formation continue.

Si le Maroc et le Sénégal confirment leur excellence, les axes stratégiques de ce top 12 convergent. Parmi les priorités affichées : l’ouverture à l’international, la promotion de l’entrepreneuriat et la présence renforcée des TIC dans les enseignements.

Il s’agit aussi pour ces écoles de multiplier les partenariats académiques, gages de séjours au sein d’établissements prestigieux et d’une internationalisation du corps enseignant.

La qualité des labels des partenaires revêt toute son importance alors qu’aucun établissement africain ne peut aujourd’hui se prévaloir des accréditations permettant d’intégrer les classements mondiaux.

Partenariats

Autre reflet de cette internationalisation, la proportion d’étrangers. À la Mediterranean School of Business (MSB) de Tunis, 22 nationalités se côtoient.

Quant à l’ISM et Sup de Co, à Dakar, leur proportion d’étudiants étrangers avoisinait l’an dernier 40 % de l’effectif total. Signe des temps, une part croissante des enseignements sont assurés en anglais.

Stratégie

Et chacun possède sa propre stratégie pour sortir du lot. L’École supérieure de commerce et des affaires (Esca) de Casablanca ambitionne par exemple de développer la recherche en management et de l’ériger en pôle de différenciation, tout en mettant l’accent sur l’innovation pédagogique grâce à sa plateforme d’apprentissage en ligne, la « E-learning Academy » ou aux business games.

D’autres misent sur de nouvelles spécialisations, à l’image de l’Heci, qui propose désormais deux dominantes : « éthique et responsabilité sociale de l’entreprise » et « développement durable ».

De son côté, Dauphine-Tunis innove depuis cette rentrée avec son master actuariat. À l’Institut africain de management (IAM) de Dakar, 73 % des études de cas sont conçues en interne, et « certains de nos cas sont enseignés dans les écoles les plus prestigieuses (HEC Montréal, Oxford Saïd Business School, Université Laval…) », souligne Lemira Diallo Sy, responsable du département coopération internationale de l’établissement.

Autre indicateur de l’excellence d’un établissement : le nombre d’enseignants permanents, la proportion de ceux qui détiennent un doctorat, la fréquence et la notoriété de leurs publications et l’origine des professeurs visiteurs.

Pour préparer leurs étudiants aux réalités de la vie active, ces business schools font aussi fréquemment appel à des intervenants professionnels, qui assurent par exemple la moitié des cours du programme master à l’Esca et à BEM Dakar.  Fréquence et durée des stages, cycles de conférences, débats et témoignages de patrons, visites d’entreprises partenaires, tables rondes et autres job days…

Tout est bon pour ancrer l’enseignement dans la pratique. Et les taux d’embauche, qui dépassent pour la plupart 80 % six mois après l’obtention du diplôme, s’en ressentent.

Spécialisations

Côté débouchés, les écoles s’emploient à mettre l’accent sur l’entrepreneuriat, par le biais d’une spécialisation en master, comme à l’École supérieure algérienne des affaires (Esaa), ou, comme à BEM, par la création ou par l’obligation de présenter un projet entrepreneurial pour obtenir son diplôme programme « grande école ».

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Ou encore via la chaire Entrepreneuriat et Social Business lancée en juillet 2014 à Sup de Co Dakar, qui se targue que l’un de ses diplômés, Sobel Ngom, soit le seul candidat sénégalais de moins de 25 ans à avoir été sélectionné dans le cadre du programme « Young African Leaders Initiative » du président Obama.

Globalement, cette orientation pédagogique porte ses fruits, 8 % des diplômés de l’Esca et 18 % de ceux de BEM Dakar ayant créé leur propre entreprise.

Last but not least, l’importance accordée au savoir-être des étudiants et l’intégration du champ social à la pédagogie, entre actions associatives et sensibilisation à la responsabilité sociétale des entreprises (RSE). De plus en plus, il s’agit de former les étudiants à être des leaders responsables et bien dans leur peau.

À Madagascar, l’Institut supérieur de la communication, des affaires et du management (Iscam), en plus de proposer des cours de développement personnel en début de cursus, va jusqu’à proposer trois jours de séminaire afin que les étudiants s’approprient les valeurs de l’école.

L’Institut supérieur de commerce et d’administration des entreprises de Casablanca (Iscae) tout comme Dauphine ont fait du développement personnel de leurs étudiants l’une de leurs priorités, coaching à l’appui. De quoi, assurent-ils, renforcer leurs capacités en leadership.

Source : Jeune Afrique

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